Je suis Belge...........belge?
lorsqu'au milieu d'août je longe les champs de blé de la plaine flamande ,
ou mieux encore les champs bleus de lin
et que j'aperçois au loin la France, cachée derrière les dunes
lorsque je roule à vélo entre littoral et Polders, là où le ciel est immense et doux,
que l'air y est plus clair, été comme en hiver
lorsque j'écoute Brel et ses canaux perdus dans le ciel décidément trop gris
lorsque je songe à mon arbre abîmé par les ardoisiers à côté du Lycée
lorsque je sors d'une bouche de métro à Paris, de préférence à Odéon
et que je sais que je sens que c'est tellement différent
lorsque je cueille les coquillages sur la plage au printemps
et que je crois par là découvrir les secrets de cette Mer du Nord
lorsque je cherche dans le cimetière de La Panne
la tombe de mon grand-père
lorsque j'entends le nom de Tournai qui a vu grandir mon père que j'ai si peu connu
lorsque je sens l'air de la mer jusqu'au fond du Brabant
que je vois les oyats pliés rudoyés par le vent
que je vais à Bruxelles , que j'y retrouve visages et gens de mon enfance
que j'ai peur pour mon toit sous les rafales des vents
lorsque je me souviens aussi du cercueil de mon père sous le fier drapeau tendu
les levers matinaux lors de tous mes camps guides
que j'entends au marché les gens de mon pays
commérer vaguement divaguer se donner rendez-vous aux cafés de la place
et refaire le monde comme petits enfants
et jurer un instant
jouer avec la mort, jouer avec le temps
avec les marionnettes, et guetter le printemps
et puis dire les mots comme caricoles et gueuze et kermesses et géants
Merci, Hélène, de m'avoir dit d'écrire aussi, de partager un peu de votre espace,
ô mes belges élèves...
(car peu de mots riment avec belges, ce qui nous rend uniques! )
martine

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